véroniKaH


Dans le monde captivant de l’art visuel, chaque coup de pinceau raconte une histoire, une émotion, et un voyage intérieur unique. Dans cette édition de notre magazine, plongez dans l’univers captivant de la peinture à travers le regard de Véronique Grauby sous le nom d’artiste VéroniKaH, une artiste qui a transformé la douleur en beauté, trouvant sa voie au milieu des épreuves.
Découvrez comment son parcours, façonné par une passion née dans l’adversité, a abouti à une collection étonnante de 3616 œuvres, chacune portant l’essence de son cœur. Explorez son cheminement artistique authentique, son processus créatif sans limites et sa vision puissante de l’art comme un moyen de connecter les émotions et les histoires de vie. Plongez dans cet entretien exclusif, révélant les secrets d’une artiste autodidacte qui crée des toiles chargées d’émotion et d’âme, unissant ainsi l’art à la vie elle-même.



Qu’est-ce qui vous a poussé à devenir peintre, et comment avez-vous découvert votre passion pour l’art visuel ?
J’ai découvert ma passion et surtout mon don pour la peinture en janvier 2000. J’étais hospitalisé pour Anorexie Mentale à l’hôpital Douglas, je pesais 80 livres et j’étais très dépressive. Je travaillais en marketing à temps plein pour une grande compagnie à ce moment-là, je donnais aussi des cours de danse aérobique et j’avais un garçon de 3 ans. Le psychologue m’avait demandé quels étaient mes loisirs et intérêts et j’avais répondu que j’aimais peindre et danser, mais que mes parents m’avaient dit que je ne pouvais pas en faire une carrière, car cela n’était pas payant. C’est pour cela que j’ai étudié en marketing aux HEC et à la fin de mes études j’ai immédiatement eu un poste chez XEROX. Bref, pendant mon hospitalisation, mon mari m’a acheté des pinceaux, des toiles vierges et j’ai commencé à peindre pour me changer les idées. Ma première œuvre, je l’ai offerte au département des troubles alimentaires (et elle y est toujours). Depuis, je n’ai JAMAIS cessé de peindre. J’ai choisi un job de télémarketing à temps partiel, j’ai eu des jumeaux et je voulais passer plus de temps avec mes trois fils. J’ai continué de travailler à temps partiel et de donner des cours de danse aérobique jusqu’en 2012. Puis j’ai tout quitté pour devenir Artiste peintre à temps plein. J’ai alors fait construire un solarium qui est devenu mon atelier.

Quelles influences artistiques ont façonné votre style unique de peinture ?
Je n’ai pas été influencé par aucun style de peinture. Je suis 100% autodidacte et je m’amuse à essayer toutes sortes de textures et techniques que j’expérimente au fil du temps. Il y a 2 ans, j’ai acheté un IPAD PRO et le logiciel Procreate, ce qui me permet de créer de façon numérique. Après plusieurs semaines de travail, je fais imprimer l’image sur un canevas et je continue ma création directement sur la toile en y ajoutant des textures, du cerne relief et des couleurs en pigments et tout autre produit artistiques selon ma fantaisie.

Comment décrieriez-vous votre processus créatif, de l’idée initiale à la réalisation d’une œuvre ?
Mon processus créatif commence avec une idée générale, faire un visage, un animal ou une ville. Je consulte plusieurs sites ou je peux m’inspirer et utiliser différentes images et je construis une nouvelle image en utilisant des morceaux de plusieurs d’entre elles qui m’ont captivé. Je change les couleurs et les formats, créant ainsi une œuvre totalement unique et personnelle.

Quels thèmes ou sujets préférez-vous explorer dans vos œuvres ?
Actuellement j’ai une MÉGA passion pour les visages de femmes. Mais dans le passé j’ai eu plusieurs phases comme : les villes, les animaux, les murs de graffiti et la nature. J’ai créé depuis 2008 : 3616 œuvres et il en reste 6 dans mon inventaire à ce jour.

Y a-t-il des artistes contemporains ou du passé qui vous inspirent particulièrement ?
L’artiste contemporaine que j’ADORE est CORNO. J’ai lu son livre et vu des entrevues d’elle sur vidéo. Malheureusement, elle n’est plus de ce monde depuis le 21 décembre 2016 et
cela m’attriste beaucoup.

Comment choisissez-vous les couleurs que vous utilisez dans vos peintures, et quelle signification ont-elles pour vous ?
Je choisis les couleurs de façon instinctive. Lorsque je crée, je ne pense pas, je peins, c’est comme respirer ou marcher, cela me vient tout naturellement. Parfois lorsque je regarde une œuvre après plusieurs mois de travail, je me dis : c’est moi qui ai fait cela !!! Je n’en reviens pas.

Quel rôle joue l’émotion dans votre travail artistique ?
L’émotion est le point central de chacune de mes créations. Ce que les autres personnes me partagent dans leur vie de tous les jours et, ce que mon cœur vit, arrivent sur toile souvent sans même que j’en prenne conscience. C’est vraiment comme les gens le disent, mes œuvres représentent en peinture, l’histoire de ma vie et de celles des autres.

Quelle est l’œuvre dont vous êtes la plus fière jusqu’à présent, et pourquoi ?
Bizarrement, je n’ai pas une œuvre dont je suis le plus fière, car à chaque fois que je commence une nouvelle toile, j’y mets tout mon cœur et mes connaissances que j’ai
accumulées au fil des ans. En fait, mon coup de cœur est souvent ma dernière
œuvre en production.

Comment abordez-vous la relation entre l’art et le spectateur dans vos créations ?
La relation entre l’art et le spectateur est un sujet qui me fascine beaucoup. Je dis souvent aux gens de ne pas dire que cette œuvre n’est pas jolie, car l’Art est subjectif et une œuvre peut être un coup de foudre pour une personne alors que pour une autre personne, elle peut passer totalement inaperçue. Même moi, quand je regarde mes œuvres faites dans le passé, j’y trouve de nouveaux messages que je n’avais pas captés au moment de leur création.



À quel point l’environnement et le contexte influencent-ils votre processus créatif ?
L’environnement et le contexte de vie dans lequel nous sommes actuellement a définitivement un impact sur mes œuvres. J’essaie de faire le moins de gaspillage possible et j’utilise des produits à base d’eau (acrylique). Avec le coût de la vie qui augmente sans cesse, l’achat d’œuvres d’art est devenu un grand luxe; alors je vends mes œuvres à des prix accessibles pour tous les budgets. Je peux le faire maintenant, car je me suis retirée des galeries qui prenaient 50% de la vente de mes œuvres.

Y a-t-il des techniques artistiques ou des moyens que vous préférez explorer dans votre travail ?
Ma technique artistique est évolutive et unique, car je l’ai inventée du début à la fin. Le transfert d’image sur la toile, je le fais faire par un partenaire d’affaires qui est ultra perfectionniste comme moi. Lorsque je travaille directement sur la toile, j’utilise uniquement des médiums acryliques qui sèchent rapidement et faciles à utiliser.

Comment votre vision artistique a-t-elle évolué au fil du temps ?
Ma vision artistique n’a jamais cessé d’évoluer au fil des ans et elle continuera d’évoluer jusqu’à ma mort. L’Art est comme la vie, on découvre de nouveaux outils pour peindre et de nouvelles idées qui nous passionnent.

Quels défis rencontrez-vous en tant qu’artiste, et comment vous les surmontez?
Le plus grand défi que je rencontre est de continuer à peindre pour le plaisir et non pour vendre. Quand j’étais en galerie, on me demandait de rester dans un certain style ou sujet qui se vendait mieux. Maintenant, je me concentre sur ce qui m’inspire au moment présent et ce qui me vient en tête soudainement. Je laisse l’univers s’occuper de la vente. L’autre défi est de bien évaluer le prix de mes œuvres. Ça a été compliqué pendant un certain temps, mais maintenant j’y vais avec un prix selon la grandeur des toiles; c’est plus simple et facile pour tout le monde.



Quel impact espérez-vous avoir sur ceux qui observent et interagissent avec vos œuvres ?
Je souhaite que lorsque les gens regardent mes œuvres, elles les encouragent à se poser des questions, à trouver les sentiments que celles-ci leur font vivre et comme la musique, je
souhaite que mes œuvres transportent les gens dans un autre monde.

Pouvez-vous partager une anecdote ou une expérience significative liée à votre parcours
artistique ?

L’expérience la plus significative que j’ai vécue dernièrement est assez émouvante. J’ai rencontré un homme ultra sympathique qui a souhaité acquérir une de mes dernières créations. Il m’a raconté avoir perdu sa femme d’un cancer il y a 2 ans et que lui-même combat son sixième cancer actuellement. Pour lui, chaque jour est important et il veut être entouré de belle chose qui l’inspire. Quand je suis allé dans son condo lui porter sa toile, il m’a dit avoir contacté l’Aide à mourir. J’ai eu un pincement au cœur, mais j’ai compris qu’il pensait comme moi. Nous somme sur la terreque provisoirement et nous y revenons dans un autre corps. Sans le savoir, nous sommes tous les deux fervents de la réincarnation et de la possibilité de parler aux âmes. D’ailleurs, lorsque j’ai créé la toile qu’il a choisie, je parlais souvent à ma tante préférée qui est décédée du cancer il y a 2 ans.

Quels projets artistiques avez-vous en cours, et quels sont vos objectifs futurs en tant qu’artiste ?
Je n’ai pas de projets artistiques en cours actuellement, mais je fais de plus en plus de toiles sur mesure. C’est très demandant de comprendre ce que le client a en tête, mais c’est un défi qui me ressemble, c.-à-d. aller au-delà de ma zone de confort. Mes objectifs futurs sont de continuer à peindre pour le plaisir afin de continuer de faire le don de mes œuvres à de nombreuses Fondations. Cette année j’ai fait le don d’œuvres pour une valeur estimable de 42 000$ et l’année dernière 53 000$. Si je peux aider les gens qui souffrent avec la vente de mes œuvres, ça donne un sens à ma vie et j’ai ainsi la force de continuer à combattre l’anorexie mentale.



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